Musée gallo-romain de Liberchies
Site   -    Une agglomération ensevelie

Etendu sur pas moins de 30 hectares, le site de Liberchies est aujourd'hui visitable, même si les principaux vestiges se trouvent dans le sous-sol. Lorsque les archéologues ne creusent pas de tranchées, les terres agricoles recouvrent les restes architecturaux de l'agglomération. En surface des champs, quelques fragments de tuiles et de briques trahissent la présence ancienne du village. De manière rectiligne, la voirie actuelle (Chée de Brunehault) traverse le paysage rural, suivant le tracé de l'ancienne chaussée romaine.  
Du 1er au 4e siècle, le vicus (agglomération) de Liberchies était administrativement rattaché à la cité des Tongres, mais la proximité avec Bavay le rapproche davantage de la cité des Nerviens.



Site Liberchies - gallo-romain agglomération
Un sous-sol riche en patrimoine...


Reconstitution agglomération Liberchies gallo-romain
 

Grâce aux campagnes de fouille qui ont révélé de nombreuses fondations, les archéologues ont su reconstituer l'aspect qu'avait l'agglomération du 2e siècle. Il s'agissait d'un ensemble d'habitations et de commerces disposés de part et d'autre de la chaussée Bavay-Tongres. On y pratiquait diverses formes d'artisanat : poterie, tannerie, métallurgie, travail du verre, etc. Les habitants côtoyaient des militaires, ainsi que des voyageurs, des commerçants, ou des agents de la poste impériale. Vers la fin du 3e siècle, le village est progressivement déserté, suite aux difficultés économiques et aux incursions des Germains subies par l'Empire.
Le vicus de Liberchies il y a 18 siècles.


Le castellum et l'hostilité venue de Germanie


Quelques centaines de mètres plus à l'ouest, lorsqu'on traverse le hameau de Brunehault à Liberchies, on peut apercevoir des maisons disposées en carré. Elles sont en fait bâties sur les fondations du castellum.
Cette fortification fut construite en partie avec des matériaux récupérés dans l'agglomération, abandonnée vers la fin du 3e siècle. Désormais, l'occupation humaine de Liberchies ne se limitait plus qu'à la présence de militaires romains puis de mercenaires germaniques. Ces troupes étaient établies le long de la chaussée, dont le tracé reste inscrit dans le paysage actuel.
Vue aérienne fortin, castellum gallo-romain Liberchies
Une vue aérienne très évoquante.


reconstitution fortin-castellum Liberchies, Brunehault
Suite aux recherches archéologiques, on sait à quoi devait ressembler le castellum de Brunehault pendant l'Antiquité tardive. Il s'agissait d'un fortin de forme quadrangulaire, complété de tours d'angle. Les fondations en pierre, assemblées avec un mortier de chaux et de brique pilée, sont encore visibles aujourd'hui dans la partie basse des maisons. L'ensemble servait à assurer la défense de la chaussée et du territoire avoisinant contre les hordes de germains qui rôdaient dans le secteur. En effet, au 4e siècle, les peuples germaniques "barbares" (Francs, Alamans, Goths, etc), venus des territoires situés à l'est du Rhin, envahissent et déstabilisent l'Empire romain en déclin.
En 2001-2002 furent découvertes les fondations d'un sanctuaire de plan rectangulaire au lieudit "Fontaine des Turcs". Il s'agit d'un édifice cultuel qui était probablement en rapport avec les militaires qui occupaient les lieux.
Le castellum reconstitué.
Le domaine des dieux: le sanctuaire

Comme de nombreuses villes et agglomérations importantes de la Gaule du Nord, Liberchies possède un temple de tradition celtique appelé fanum. Au centre se trouve une pièce souvent carrée – la cella – la demeure de la divinité, entourée d’une galerie appelée le péristyle. Ce dernier sert à la circulation des fidèles qui ne peuvent accéder à la cella. Ces sanctuaires étaient souvent construits sur une terrasse artificielle, le podium, accessible par un escalier. Le domaine sacré de la divinité était entouré d’un mur d’enceinte qui l’isole du monde profane. Le temple de tradition indigène est généralement construit à l’écart de la zone habitée.

fanum Liberchies
Le fanum de Liberchies (reconstitution).
Chaussée Bavay-Colognes à Liberchies
La chaussée romaine

Dans le Nord de la Gaule, il existait une véritable "autoroute" de l'Antiquité qui s'étendait de Boulogne-sur-Mer jusqu'à Cologne. Cet axe de communication était très important pour le commerce, l'armée et l'administration de l'Empire. Sur les 145 km de tracé entre Bavay et Tongres, il existait plusieurs relais. Liberchies (Geminiacum) était le plus important. A certains endroits, le paysage et l'urbanisme actuel ont admirablement conservé la morphologie de cet aménagement routier, vieux de 2000 ans.
Tracé de la chaussée Bavay-Tongres à Liberchies.

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